Si vos pas vous mènent un jour à Valparaiso, sans doute y passerez-vous deux ou trois journées. Visiterez les Cerros Alegre et Concepcion, la Sebastiana, ferez quelques pas dans le musée à ciel
ouvert et dans l'ancienne prison transformée en espace culturel. Vous grimperez dans l'un de ses ascenseurs, vous y boirez quelques verres, mangerez peut être Français, ou bien choisirez une de ces
belles terrasses dominant la ville et le port, préférerez , qui sait, une de ces gargotes typiques près du port...Une Lancha vous fera peut-être faire le tour de la baie, et vous repartirez heureux
d'avoir pu, quelques heures durant, humer les parfums de cette ville mythique.
Mais si vous vous y trouvez entre Novembre et Avril, essayez de lui consacrer quelques jours supplémentaires, et promenez vous dans la ville basse.
(a Valparaiso, l'on dort dans les collines et l'on vit dans les parties basses de la cité), entre la place Anibal Pinto et le marché au poissons, en particulier...
Alors, vous aurez peut-être la chance de croiser une silhouette Européenne de belle allure, vêtue d'une blouse de travail au bleu délavé, et coiffée d'une casquette ou d'un chapeau sans forme, une
brassée de larges feuilles couvertes de croquis sous le bras. Le sourcil en bataille, la face, le plus souvent, illuminée d'un large sourire, le poil roux tel Van Gogh qu'il aime prendre en
référence. Mais là s'arrête la ressemblance. Tandis que l'un peignait, l'autre dessine et grave. On jetait crachats et insultes à l'un, Loro-car ce sera lui-est devenu au fil des années une
"figure" de Valpo (et pas seulement.... la Bibliothèque Nationale de Santiago lui a consacré trois mois d'exposition!!)
A tel point que, si vous l'accompagnez dans ce quartier du port où il vit six mois par an, vous aurez bien du mal à dépasser le kilomètre heure, tant il distribue(et reçoit...) paroles, sourires et
poignées de mains aux un(e)s et aux autres de ce "pueblo humilde" qui est presque devenu le sien...
Et vous n'échangerez sans doute pas plus de cinq phrases avant qu'il ne vous parle de son ex-alcoolisme dont il s'est sorti par le travail et le voyage...
Loro fait partie de cette caste de Quijottes dont la planète ne saurait se priver. Sa Dulcinea mesure (mesurera lorsqu'il l'aura terminée, á l'aube de son cent dix septième anniversaire!!), quatre
mètres de hauteur sur cent vingt mètres de longueur....et traitera de ce petit peuple du port qui lui a rendu la vie.
Pourquoi ce gigantisme? pour clore le bec à tous les: "A oui, c'est un peu comme...". Loro veut n'être comme personne!!
Loro (perroquet, on imagine pourquoi...) CoÏron (référence à ses sourcils semblables aux buissons dont le peuple Mapuche couvre les toits de ses habitations), s'appelle en réalité Thierry Defert
(....). Quelques amis continuent de l'appeler Thierry, mais pour tous les autres, et pour lui même en premier lieu, il est "Loro".
Si vous avez le bonheur de le rencontrer, embrassez le â la Chilienne (poignée de main, accolade soutenue, et nouvelle poignée de main), pour moi.
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